De la difficulté de trouver son identité..

Culotte faux cul - cpressAujourd’hui, je vous partage la vision de Karen Cayuela, créatrice des « dessous de Karen », qui sera présente avec ses créations au prochain festival..

Ainsi, vous connaitrez les dessous des « dessous de Karen »!

« Je suis créatrice de lingerie féminine et ma démarche – éthique et non conventionnelle – emprunte un sentier atypique et novateur en terme de marketing, puisqu’il est manifestement laborieux de semer des graines de féminité dans un univers sexiste saturé de codes et de conditionnements.

J’ai commencé à créer de la lingerie à une époque où je cheminais moi-même vers les insondables profondeurs de l’identité féminine – sa géographie et son alchimie interne comprenant flux et cycles de transformation. Au tout début, je confectionnais des culottes et des protections féminines lavables, veillant à insuffler douceur et bienveillance à notre intimité.

Je focalisais sur la région du bassin, le  » palais de jade « , ce lieu alchimique qui cuisine et détermine nos cycles. Puis j’élaborais une collection de  » culottes de célébration  » assorties à une gamme de protèges-slips pour le temps des Lunes : raffinées, déclinées dans de précieux camaïeux rubescents, un fond rouge invitant le flux à s’y déposer.

Actuellement, une collection Parure des premières Lunes est en gestation, pour célébrer avec charme et coquetterie le passage de la fillette à la jeune fille qui accueille ses menstruations pour la première fois.

De fil en aiguille je créais de petites nuisettes, puis toute une gamme de lingerie ayant pour vocation de nous relier à notre puissance, celle qui se loge en notre centre et que nous avons besoin de réveiller pour libérer la force vive de  » la que sabe « *1. Dès lors, je me suis affirmée un goût pour l’ostentatoire, vers une féminité authentique et radieuse, qui révèle le corps et le célèbre, où la singularité de chacune est reconnue. Les collections sont éthiques*2, joyeusement raffinées et d’une belle coloration glamour.

De cette façon je souhaite attirer la curiosité des femmes vers une nouvelle conception de leur féminité, car envisager aujourd’hui une hygiène féminine alternative, c’est s’éveiller aux mystères de notre corps et à la dimension sacrée du Féminin.

Les  » Dessous  » désignent communément ce qui est caché, secret, intime. Ils dissimulent nos attributs féminins – nos richesses, nos monts et merveilles – ainsi qu’ils les protègent. A cet effet, il est indispensable de choisir une lingerie confortable et saine pour préserver notre hygiène intime, également élégante et sensuelle pour sublimer notre féminité !

Il m’est arrivé de remarquer que, bien souvent dans les milieux alternatifs les femmes privilégient l’écologie du corps au détriment de la coquetterie, tandis que dans les milieux urbains les femmes accordent davantage d’importance à l’apparence en omettant de se relier à leur matrice – l’utérus, siège de l’essence féminine.

Comment respecter et servir sa nature féminine dans la société actuelle

LE MIRAGE DES MEDIAS

 J’ai récemment visité le salon international de la lingerie – devenu un énorme business planétaire ! La tendance  » sexy  » est revendiquée et s’intensifie ! Les stands, entièrement fermés, évoquent de minis maisons closes devant lesquelles de jeunes filles en dessous minimalistes font office d’hôtesses, déambulant dans les allées parmi les visiteurs pour représenter leur maison.

Sur les brochures ou les catalogues, les jeunes femmes affichent des poses indécentes, lèvres entrouvertes et cuisses invitantes. L’intimité – exposée à gros renforts d’artifices – est ici choquante, bien que banalisée. Pour séduire le consommateur, les médias ne composent presque exclusivement qu’avec l’archétype de la femme fatale et sulfureuse, pour n’en n’extraire qu’une caricature.

Tandis que les années 50’s dépeignaient la gent féminine comme de bonnes épouses et de gentilles ménagères apprêtées et dévouées, le corps des femmes est aujourd’hui hypersexualisé et réduit à une simple stratégie de marketing.

On voudrait nous faire croire qu’être  » sexy  » est notre véritable pouvoir !! Dans ce monde de  » paraître  » – qui a pris l’ascendant sur  » l’être  » – les canons de beauté modélisées informatiquement dénaturent les champs si subtils du paysage féminin.

Ainsi sommes nous conditionnées depuis notre plus jeune âge à adopter une représentation sexiste de la Femme, qui insidieusement devient la norme – générant un sentiment constant d’insatisfaction des femmes face à leur apparence. Insidieusement elles y perdent leur âme, se vouant au culte de la minceur, de la séduction et de la jeunesse éternelle. Les jeunes filles s’érotisent précocément puis en grandissant développent une crainte irrationnelle de la vieillesse, générant des rivalités féminines à en sacrifier leur sororité !

Deux comportements dominants se distinguent à l’adolescence, lorsque le corps des jeunes filles se prépare à l’éveil : le rejet (développement du  » garçon manqué « ) ou l’admiration (la prise de modèle). Les filles deviennent  » sexy  » (comprenez sexuellement attractives) de plus en plus jeunes – espérant à tout prix ressembler à leurs idoles – et les femmes mûres, moins photogéniques, sont évincées des publicités.

La  » féminité  » est aujourd’hui synonyme de jeunesse et de futilité, tandis que  » plaire  » ou  » séduire  » est indubitablement devenu une véritable fin en soi, avec pour objectif de se battre pour le rester. En 2013, la ville de New York a lancé une campagne publicitaire qui s’intitule  » je suis belle comme je suis  » pour redonner confiance aux petites filles et enrayer l’épidémie massive des troubles du comportement alimentaire qui sévit chez les femmes aux Etats Unis : anorexie et état dépressif, obésité, consommation abusive d’alcool.

Nous vivons une ère de transition, où, pour illustrer l’errance des moeurs la tendance est à trouver des strings et des soutien-gorge ampliformes en taille 7 ans dans les rayons du commerce, où les boites à maquillage, les régimes amincissants, les crèmes antirides et anti-cellulite font recette, où les femmes subissent des labiaplasties afin de réduire leurs lèvres et s’offrir un sexe aux normes pornographiques, entre autres chirurgies dites ‘esthétiques’ telles que les prothèses de fesses, où dépression, boulimie, anorexie, hyperphagie et autres dépréciations liées à la non conformité de l’apparence sont devenues des pathologies banales qui affectent majoritairement de la gent féminine…

où par ailleurs les femmes privatisent leur corps au regard de la Loi comme bien immobilier afin d’en disposer librement (en réaction à la loi anti-avortement en Espagne)… Au milieu de cette faune, les modèles féminins positifs (qui respectent simplement la nature des femmes) auxquels s’identifier manquent cruellement !

Le paradoxe est qu’une femme aime se sentir désirable, en étant toutefois respectée, reconnue et appréciée pour sa  singularité.

Les femmes s’appliquent volontiers à la parade amoureuse, mais de la même façon qu’elles achètent de la lingerie affriolante pour plaire à un homme ( » faire plaisir  » au détriment de  » se faire plaisir « ), elles ignorent bien souvent – ne l’ayant pas préalablement explorée pour elles-même – la richesse et la profondeur de leur propre plaisir sexuel.

Nous sommes des êtres charnels, tout autant parcourues par les frissons du désir que peuvent l’être les hommes.

Notre difficulté réside dans la méconnaissance de nos chemins de jouissance. Pour exulter, il nous est demandé de rompre avec et le  » faire-plaisir  » ou le  » faire-comme-il-faut « , cesser de se cacher derrière des prétextes et des diktats pour oser se dévoiler à soi-même.

Imaginez une femme qui s’offre de la lingerie pour elle-mêmes, simplement pour contacter le velouté de la soie caressant sa peau, et s’offrir un moment privilégié, se sensualiser, se trouver BELLE.

De la même manière, une mère achètera des couches lavables biologiques pour son enfant sans pour autant prendre le même soin pour elle, et continuera d’utiliser des tampons et protections jetables néfastes à sa santé.

Réintégrer que nous sommes des êtres primordiaux, forts et lumineux – et non le  » sexe faible « – commence par la reconnaissance de notre nature féminine et la reconquête de nos pleins pouvoirs.

A l’inverse des hommes, la force des femmes se trouve à l’intérieur ; ainsi que notre sexe est caché, notre force vive se loge au dedans. De ce fait, elle est moins évidente à déceler.

Dans la vision Taoïste, l’utérus est directement lié à l’esprit même de l’essence féminine et se nommait anciennement le  » palais céleste » ; il est l’antre du féminin, la matrice.

L’émergence du féminin

 Le corps tel qu’idéalisé aujourd’hui est bien loin de l’image des Vénus callipyges, représentations du féminin fécond. Difficile de s’affranchir des normes pour contacter l’Amour de soi parmi ces clichés coercitifs.

Assurément, les femmes ont besoin de se sentir belles et désirables, mais la barre est placée tellement haut dans l’imagerie collective qu’elles ont du mal à déceler leur propre beauté au milieu de ce fatras avilissant. Incarner sa féminité aujourd’hui nécessite de s’affranchir des préjugés qui conditionnent nos modes de pensées. Ce serait peut-être comme descendre dans sa grotte, allumer sa flamme intérieure pour en explorer les parois,respirer ses effluves et connecter ses profondeurs.

Accepter sa vulnérabilité, écouter son silence intérieur, regarder ses émotions, mettre en conscience cette sagesse archaïque ancestrale et cette force indicible qui sommeillent en nous depuis la nuit des Temps. C’est comme un grand nettoyage de nos conditionnements, puis une naissance/un réveil à soi. Oser être Soi

Incarner sa féminité aujourd’hui est un acte courageux, profondément humaniste

Et c’est à nous de l’initier.

C’est une musique qui se joue pour soi

Et qui se passe d’artifices…

Femmes, oserais-je vous insuffler/inspirer d’avoir votre féminité à coeur…

Karen Cayuela

 Karen Cayuela, créatrice des Dessous de Karen.

Diplômée de stylisme de mode à Paris, devenue costumière de théâtre, puis initiée à la corseterie, avant de se former aux métiers de l’agriculture biologique et autres alternatives.

 » Mon univers s’est donc tout naturellement édifié sur une base éthique agrémentée de raffinement féminin. « 

 karencayuela@gmail.com

http://www.les-dessous-de-karen.com

 (*1. La que sabe : celle qui sait)

(*2. Matières nobles, bio ou recyclées, privilégiant les petites manufactures locales)

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