UBUNTU, « je suis parce que nous sommes »

La Vie est-elle un gâteau que l’on se partage? L’abondance de l’univers est-elle limitée?

Notre société fonctionne encore sur ce vieux système de la concurrence et du chacun pour soi. Cependant, l’absurdité et le côté suicidaire de ce fonctionnement nous apparaît de plus en plus, et viendra le moment où nous ne pourrons plus échapper à une remise en question complète. Partout, des personnes de bonne volonté, parfois isolées, parfois regroupées, oeuvrent à inventer autre chose. Elles tâtonnent, essaient, échouent, tombent, puis se remettent debout et continuent vaillamment. Elles doivent affronter une société hostile au changement, des administrations rigides.

Cependant, le plus gros obstacle est peut-être en nous. Car le changement nous demande d’affronter nos ombres, nos propres démons, et ce n’est pas rien. Nous tombons et tomberons sans doute encore dans les vieux pièges, dans les crispations. Quand quelqu’un ou une situation vient nous titiller, appuyer sur nos vieilles blessures, le premier réflexe est souvent de nous rétracter, de montrer les crocs, de chercher refuge dans ce que l’on connait. Nous devenons alors petits.

Nous-même, au sein de l’équipe Féminaissance, traversons cet apprentissage, tombons parfois dans de vieux pièges. Il nous faut alors avoir l’honnêteté de regarder ce qui est en jeu, trouver les mots pour renouer le dialogue. Il nous faut aller puiser en nous tout notre bonne volonté et notre idéalisme, nous appuyer sur ce rêve qui nous guide depuis le début.

Depuis quelques temps, je rencontre de manière très contrastée les deux aspects du féminin et des femmes, aussi bien autour de moi qu’en moi. L’aspect lumineux, à travers de magnifiques rencontres de coeur, et des partages fabuleux. L’aspect sombre, l’ombre du féminin, le fiel, qui peut faire très mal.

J’ai la certitude qu’un enjeu de taille se pose aux femmes: guérir nos blessures anciennes, sortir de ce vieux système de fonctionnement, et rendre effectif et actif ce terme de « sororité ». Ne tombons plus dans ce piège de la concurrence: si je réussis, je ne prends la place de personne. Si tu réussis, tu ne prends pas ma place potentielle. Tu me montres le chemin, tu m’ouvres la voie peut-être, tu peux me donner le courage d’avancer encore et de faire le prochain pas.

Serons-nous capables de cela? Notre responsabilité est grande, et l’enjeu dépasse nos personnes.

« Ubuntu » signifie « je suis parce que nous sommes », dans la culture Xhosa, tribu africaine. J’aimerai vous partager ce récit: « Un anthropologue a proposé un jeu à des enfants d’une tribu africaine. Il a mis un panier plein de fruits près d’un arbre et a dit aux enfants que le premier arrivé remportait le panier.
Quand il leur a dit de courir, ils se sont tous pris par la main et ont couru ensemble, puis se sont assis ensemble profitant de leurs friandises.
Quand il leur a demandé pourquoi ils n’avaient pas fait la course, ils ont répondu : « UBUNTU, comment peut-on être heureux si tous les autres sont tristes ? »

 

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